21.10
Vendredi 6 mars 2026
UN CRI À L’AIDE DU LIBAN
UN APPEL URGENT DU COMITÉ INTERRELIGIEUX LIBANAIS À L’EXÉCUTIF DES ÉTATS-UNIS ET À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Les Forces de défense israéliennes (FDI), par l’intermédiaire de leur porte-parole arabophone, le colonel Avichay Adraee, ont émis un ordre d’évacuation sans précédent pour Beyrouth, élargissant considérablement la zone des secteurs considérés comme dangereux. L’annonce a été faite les 4 et 5 mars 2026, dans un contexte d’intensification des affrontements avec le Hezbollah. Selon les FDI, des installations et des infrastructures du Hezbollah sont implantées au sein de quartiers civils, et des frappes aériennes imminentes sont prévues contre ces sites.
Si la première déclaration mentionnait le quartier de Chiyah, les cartes d’évacuation officielles publiées par les FDI incluent désormais plusieurs autres quartiers qui n’avaient jamais été mentionnés auparavant. Il s’agit de Jnah, Ghobeiry, la Forêt de Beyrouth jusqu’au rond-point de Tayouneh, Ain el-Remmaneh, et même le centre-ville de Beyrouth — cœur politique et économique de la capitale. L’inclusion de ces zones marque une escalade significative, étendant le conflit au-delà du bastion traditionnel du Hezbollah dans la banlieue sud (Dahieh) vers des quartiers mixtes et centraux de la ville.
Les FDI ont ordonné aux civils d’évacuer immédiatement et de se tenir à au moins 300 mètres des bâtiments signalés et des zones adjacentes. Le porte-parole a souligné que rester à proximité d’installations liées au Hezbollah « met les vies en danger ». Cette directive a provoqué une panique généralisée, avec des embouteillages massifs et des déplacements de population déjà signalés dans toute la capitale.
Les implications humanitaires sont graves. Les banlieues sud de Beyrouth (Dahieh) abritent à elles seules entre 600 000 et 800 000 habitants. Avec les nouvelles zones ajoutées — Jnah, Ghobeiry, Horsh Beyrouth, Ain el-Remmaneh et le centre-ville — le nombre de civils directement touchés dépasse largement le million de personnes. Une évacuation d’une telle ampleur représente l’un des plus grands ordres de déplacement urbain de l’histoire moderne du Liban.
L’extension des zones d’évacuation au centre de Beyrouth est sans précédent. Ain el-Remmaneh, quartier historiquement chrétien, et le centre-ville de Beyrouth, cœur symbolique et économique du pays, n’avaient jamais été inclus dans de telles directives. Leur inclusion souligne l’élargissement du champ des opérations militaires et annonce une escalade stratégique qui menace d’engloutir l’ensemble de la capitale.
Ce communiqué de presse met en lumière la gravité de la situation : plus d’un million de civils sont désormais en danger, confrontés à des frappes aériennes imminentes et à des déplacements forcés. L’annonce des FDI marque un tournant dans le conflit, Beyrouth elle-même devenant le point focal de l’escalade militaire et de la crise humanitaire.
L’ordre d’évacuation élargi concernant la population de Beyrouth contredit directement l’ensemble des lois internationales et humanitaires.
Selon les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, les parties à un conflit sont liées par les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution. Le principe de distinction exige que les combattants différencient les objectifs militaires des populations civiles. Le principe de proportionnalité interdit les attaques qui causeraient des dommages excessifs aux civils par rapport à l’avantage militaire anticipé. Le principe de précaution oblige les parties à prendre toutes les mesures possibles pour minimiser les dommages causés aux civils.
Un ordre d’évacuation qui englobe le centre de Beyrouth — y compris Jnah, Ghobeiry, Horsh Beyrouth jusqu’à Tayouneh, Ain el-Remmaneh et le centre-ville — risque de violer ces principes en traitant des quartiers entiers comme des cibles militaires, indépendamment de la présence civile.
Le droit international humanitaire souligne également la protection des civils contre les déplacements forcés. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève interdit le transfert ou la déportation massifs de civils, sauf si cela est requis pour leur sécurité ou pour des raisons militaires impératives. Même lorsque l’évacuation est jugée nécessaire, elle doit être temporaire, sûre et accompagnée d’un accès adéquat à un abri, à la nourriture et aux soins médicaux.
Or, l’ordre actuel a déclenché panique, embouteillages et fuite massive sans garanties de sécurité ni de soutien humanitaire. Cela soulève de sérieuses questions quant au respect des obligations de protection des personnes déplacées.
En outre, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale définit le ciblage intentionnel de civils et le transfert forcé de populations comme des crimes de guerre potentiels. L’inclusion de quartiers symboliques et mixtes tels qu’Ain el-Remmaneh et le centre-ville de Beyrouth — zones sans caractère militaire évident — suggère que cet ordre d’évacuation pourrait s’apparenter à une punition collective, strictement interdite par le droit international.
Les organisations humanitaires soulignent que le droit à la vie, à la dignité et à la sécurité doit être respecté même en temps de conflit armé. Le déplacement de plus d’un million de civils dans une capitale densément peuplée risque de provoquer une catastrophe humanitaire d’une ampleur sans précédent au Liban.
Les autorités internationales, y compris les Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge et les organisations régionales, sont appelées à intervenir immédiatement afin d’arrêter cette escalade, d’exiger le respect du droit international humanitaire et de garantir la protection des civils.
Ce communiqué appelle la communauté internationale à reconnaître que l’ordre d’évacuation, tel qu’il est actuellement formulé, ne possède pas de justification humanitaire au regard du droit. Il est impératif que les acteurs internationaux agissent rapidement pour empêcher Beyrouth de sombrer dans un déplacement massif et la dévastation, et pour défendre les principes fondamentaux d’humanité qui sous-tendent le droit international.
Nous demandons à la communauté internationale d’intervenir afin d’ARRÊTER cette escalade dangereuse et meurtrière.
Seule la négociation est la voie vers la paix.
LE COMITÉ INTERRELIGIEUX LIBANAIS POUR LA PAIX
1. Méditation :
Du conflit vers une fidélité renouvelée
Un conflit dans l’Église risque de devenir un grand danger, mais il peut aussi conduire à une fidélité renouvelée. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) (1), par la voix de son Supérieur général, le père Davide Pagliarani, a annoncé — avec le soutien unanime de son Conseil — que cinq nouveaux évêques seront consacrés le 1er juillet.
Qu’est la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ?
La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est une société de vie commune sans vœux fondée par Mgr Marcel Lefebvre (+ 1991) et érigée canoniquement en 1970 dans le diocèse de Fribourg. Ses membres célèbrent exclusivement la messe traditionnelle en latin et s’efforcent d’aider les fidèles à garder la Tradition catholique. Malgré les oppositions et les sanctions subies depuis 1975 en raison de son refus des nouveautés issues du concile Vatican II, la Fraternité a continué à se développer et à porter des fruits.
Ils auraient souhaité prendre contact avec le pape Léon XIV au sujet de la consécration de 5 évêques, mais ils n’en ont pas eu la possibilité. Les lettres envoyées à ce propos sont également restées sans réponse. Les consécrations annoncées auront donc lieu sans mandat pontifical. À ce sujet, le cardinal Victor Manuel Fernández, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, a fait savoir que les conséquences pour l’ensemble de la fraternité sacerdotale seraient très graves.
En 1988, Mgr Marcel Lefebvre consacra quatre évêques, validement, mais sans l’autorisation du pape. Par conséquent, lui-même et les nouveaux évêques furent automatiquement excommuniés. Cette excommunication fut levée en 2009 par Benoît XVI.
Des quatre évêques, deux sont déjà décédés et les deux autres ont atteint un âge avancé. Entre-temps, la Fraternité sacerdotale a continué à croître, contrairement à la situation générale de l’Église en Europe et en Amérique du Nord. Aujourd’hui, la fraternité compte dans le monde plus de 730 prêtres et 250 séminaristes. Les candidats sont formés dans cinq séminaires à travers le monde. Il existe également des écoles, des centres de retraite et des communautés religieuses apparentées.
La Fraternité invoque aujourd’hui la nécessité objective et urgente du salut des âmes des nombreux fidèles qui font appel à elle pour justifier la consécration imminente de nouveaux pasteurs.
Ce conflit a désormais provoqué un déluge de réactions. L’aimable cardinal guinéen Robert Sarah, ancien préfet de la Congrégation pour le Culte divin, n’est pas d’accord avec ces consécrations sans mandat pontifical : « le salut des âmes ne peut jamais passer avant une désobéissance consciente » (1). Il parle d’« une désobéissance canonique » et compare cela à l’abandon de la barque de Pierre, laissant l’homme livré aux vagues de la mer. C’est par l’obéissance, et non par la rébellion, que nous atteignons notre salut. »
Le P. Marie-Louis de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, condamne, lui, aussi ces consécrations sans mandat pontifical (2). Lui-même, philosophe et théologien thomiste traditionaliste, reconnaît que l’attitude de la FSSPX fut au départ « une réaction légitime à une crise de la foi, de la catéchèse et de la liturgie ». Il regrette toutefois le durcissement des positions des deux côtés. Dans un moment de colère, Mgr Marcel Lefebvre déclara un jour en 1974 qu’il existait deux Églises : l’Église du Concile, atteinte par l’hérésie du modernisme, et l’Église de la tradition, l’Église de toujours. Au fil des années, cette position est devenue de plus en plus la ligne dure de la FSSPX, avec une condamnation sévère de Vatican II et de la nouvelle célébration de la messe.
D’autre part, le pape François, par son Motu Proprio Traditionis custodes (2021), a voulu éliminer complètement la liturgie traditionnelle, ce qui fut pour beaucoup un nouvel exemple d’une « réponse totalitaire et radicale ». Le P. de Blignières plaide finalement pour la création d’un « ordinariat ecclésiastique » sous l’autorité d’un évêque traditionaliste choisi par Rome. Ce serait comme un évêque aux armées qui assurerait le soutien spirituel des militaires.
De nombreux commentaires font entendre un autre son de cloche. Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, reconnaît que la primauté de Pierre, la reconnaissance du pape actuel, l’infaillibilité du magistère de l’Église et la validité de la liturgie sacramentelle relèvent du droit divin (3). Il souligne toutefois que ces réalités ont été interprétées de manière différente au cours de l’histoire de l’Église. En 357, le pape Libère ordonna à Athanase d’Alexandrie de se soumettre à la majorité des évêques, favorables à l’hérésie arienne. Athanase refusa et fut excommunié. Finalement, il choisit et consacra lui-même son successeur afin d’empêcher qu’un évêque hérétique ne lui succède. Athanase est aujourd’hui considéré comme l’un des grands saints et défenseurs de la divinité de Jésus.
En 1977, le cardinal Josyf Slipyj consacra également secrètement trois évêques, sachant que cela ne serait pas accepté en raison de l’« Ostpolitik » du Vatican de l’époque. Lorsque le pape Paul VI en eut connaissance, ce cardinal ne fut pas excommunié. On souligne également la (trop) grande bienveillance du Vatican envers le parti communiste chinois, qui fait consacrer de nouveaux évêques sans l’autorisation de Rome sans que le pape ne réagisse.
Enfin, Mgr Schneider s’adresse au pape Léon XIV :
« Saint-Père, veuillez accorder le mandat apostolique aux consécrations épiscopales de la FSSPX… l’Église de notre temps n’y perdra rien. »
Un plaidoyer vigoureux en faveur de la FSSPX est également formulé par l’évêque américain Joseph Edward Strickland, qui fut évêque de Tyler au Texas pendant onze ans avant d’être démis de sa charge par le pape François (4). Il souligne que l’Église se trouve aujourd’hui dans une situation d’urgence. Des pasteurs refusent de défendre le troupeau contre les loups. Ceux qui attaquent ouvertement la doctrine catholique sont promus et loués, tandis que ceux qui restent fidèles à la tradition sont mis à l’écart. La confusion est adoptée, l’erreur est reconnue comme sensibilité pastorale. L’orthodoxie est considérée comme une menace.
Certes, nous devons éviter la division. Mais ce qui divise réellement, c’est le fait que l’erreur soit tolérée et la fidélité punie, que la confusion soit appelée attitude pastorale et que la clarté soit considérée comme un danger.
« Il y a des prêtres et des évêques qui contredisent ouvertement la doctrine catholique concernant le mariage, la sexualité, l’unicité du Christ, la nécessité de la conversion, et rien n’est entrepris contre cela. » On appelle cela « miséricorde ».
L’obéissance ne peut jamais se faire au prix de la destruction de la foi. Mgr Strickland ne veut pas appeler à la révolte, mais à l’honnêteté, au courage de briser le silence et, finalement, à une prière intense.
Le professeur, père Jaime Mercant Simó, du diocèse Mallorca, estime injuste et irresponsable que la FSSPX soit ouvertement diabolisée (5). Sa situation dans l’Église est canoniquement « irrégulière et imparfaite ». Il affirme cependant que ces consécrations sans mandat pontifical ne sont pas une raison de parler de schisme ou de péché. Un schisme suppose l’intention explicite de se séparer de l’Église et de fonder une organisation parallèle. Or, aucun de ces éléments n’est présent ici. La FSSPX veut rester fidèle à l’Église catholique. Dans l’eucharistie, ses prêtres continuent de mentionner à la fois le pape et l’évêque du lieu.
Comment ce conflit pourrait-il se terminer au mieux ? Je pense que Rome ferait bien de donner un signe de bienveillance en acceptant formellement les prochaines consécrations épiscopales et en reconnaissant les fruits spirituels de l’apostolat de la FSSPX. Ce serait un véritable signe de miséricorde et de compréhension. Les deux ne sont pas incompatibles.
Enfin, mentionnons ce témoignage remarquable. Dans les commentaires apparaît maintenant une analyse d’un ancien expert du concile Vatican II, qui, à la fin de sa vie, dressa un bilan du passage d’un mouvement liturgique plein d’espérance avant le Concile à un déclin liturgique après celui-ci.
Il explique comment un petit groupe de théologiens s’est obstinément efforcé d’introduire dans la liturgie diverses réformes injustifiées. Après sa mort en 2004, ses textes furent rassemblés et publiés l’année dernière (6). Ils montrent que la dégradation de la liturgie après Vatican II fut en partie organisée de manière consciente, ce qui rend d’autant plus urgente la nécessité d’une fidélité renouvelée. Il attribue surtout la responsabilité à un petit groupe agressif de théologiens qui ont réussi à imposer une « horizontalisation » poussée de la liturgie.
Prions et œuvrons afin que, comme Corps du Christ, nous surmontions les dérives liturgiques et morales dans la vie ecclésiale actuelle, que les réactions dures des deux côtés — tant de la hiérarchie ecclésiastique que de la FSSPX — soient évitées, et que les consécrations épiscopales puissent se réaliser. Prions finalement que chaque fidèle, à sa manière et avec ses propres dons, contribue à une fidélité renouvelée au Christ, à son Évangile et à son Église.
(1) Tribune dans Journal du Dimanche, 22 février 2026.
(2) https://lesalonbeige.fr/au-vu-de-limportance-et-de-la-duree-de-la-crise-il-faut-etre-raisonnable-et-sortir-des-logiques-totalitaires/
(3) https://lesalonbeige.fr/mgr-athanasius-schneider-exhorte-le-pape-leon-xiv-a-reconnaitre-les-futurs-eveques-sacres-par-la-fsspx/
(4) https://lesalonbeige.fr/lettre-integrale-de-mgr-strickland-de-soutien-a-la-fsspx/
(5) https://lesalonbeige.fr/un-professeur-du-diocese-de-majorque-au-sujet-des-sacres-de-la-fsspx-ni-schisme-ni-peche/
(6) Archimandrite Boniface LUYCKX, A Wider View of Vatican II. Memories and Analysis of a Council Consultor, édition brochée, 1er juillet 2025, édité par Julie Rogers.
J’ai assez bien connu Boniface Luyckx, car il était membre de la communauté norbertine de Postel, dont je fais encore partie aujourd’hui. Il fonda une communauté religieuse à Kinshasa (Congo) et y enseigna en même temps la liturgie à l’université. Il enseigna également à l’Université de Notre Dame (Indiana, États-Unis). Par la suite, il fonda une communauté religieuse orientale en Californie. En reconnaissance de ses mérites, il fut élevé à la dignité d’archimandrite dans l’Église catholique ukrainienne.
P. Daniel
2. Apologétique :
Parler de Jésus avec un athée (9)
Comment les Évangélistes ont-ils pu se souvenir de ses paroles ? (III)
Les paroles de Jésus
Ces dernières semaines, nous nous sommes penchés sur la manière dont les évangélistes ont conservé les paroles et les actes de Jésus avant de les consigner par écrit. À l’époque, être disciple de Jésus signifiait le suivre pendant des années, mémoriser son enseignement et s’approprier son mode de vie. Les Évangiles indiquent clairement que les disciples étaient censés se souvenir de ses paroles (cf. Jean 16, 4 ; Luc 24, 6-8).
Nous avons également vu que les évangélistes souhaitaient transmettre fidèlement l’essence de l’enseignement de Jésus, bien qu’ils aient eu la liberté de paraphraser ou de réorganiser les dialogues. Nous pouvons supposer que ce sont précisément les passages d’enseignement — le cœur de son message — qui contiennent la reproduction la plus fidèle de ses paroles.
Mais quelle est la fiabilité de la transcription littérale des paroles de Jésus, des années après qu’il les a prononcées ? Jimmy Akin, apologiste chez Catholic Answers, explique[1]:
Paroles courtes
En tant qu’enseignant, Jésus utilisait des techniques spécifiques pour graver son message dans la mémoire de ses auditeurs. Les déclarations courtes et percutantes sont en effet plus faciles à retenir que les longs discours. Un exemple frappant est l’utilisation du chiasme (une structure textuelle croisée).
Prenez cette déclaration : « Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » (Matthieu 20, 16).
Cette sentence utilise une figure de style connue sous le nom de chiasme (du grec chiasma, qui signifie « croisement »). Les chiasmes impliquent une séquence d’éléments qui sont répétés dans l’ordre inverse. Si nous marquons le mot « derniers » par A et le mot « premiers » par B, ce chiasme a une structure A-B | B-A. De telles structures facilitent la mémorisation des paroles, et il semble que Jésus les utilisait pour rendre son enseignement mémorable.
Paraboles
Un autre procédé littéraire utilisé par Jésus était la parabole. Les paraboles de Jésus sont des histoires courtes et mémorables qui transmettent des leçons spirituelles. L’être humain est naturellement réceptif aux histoires, ce qui nous permet d’en retenir facilement l’essentiel.
Certains des longs discours de Jésus — comme le Sermon sur la montagne (Mt 5-7) — sont en fait des collections de paroles courtes et faciles à retenir. En étudiant le Sermon sur la montagne, on s’aperçoit qu’il est organisé autour de différents groupes de sentences commençant de la même manière (par ex. : « Heureux les... », « Vous avez appris qu’il a été dit... mais Moi Je vous dis... », « Quand tu fais X, ne fais pas Y »).
De plus, en tant qu’enseignant, Jésus a probablement donné les mêmes enseignements à plusieurs reprises devant différents publics. Ses disciples entendaient donc ses leçons de manière répétée et, en tant qu’élèves, ils faisaient de leur mieux pour les mémoriser afin de pouvoir les prêcher à d’autres (cf. Marc 6, 6-12).
Dialogues quotidiens
D’un autre côté, tout ce que Jésus a dit n’a pas été mémorisé de cette manière. Les paroles prononcées une seule fois — comme lors d’une conversation privée — ne sont pas censées être aussi proches des termes originaux. Dans de telles déclarations uniques, on s’attend donc à davantage de reconstruction.
Il en va de même pour les personnages secondaires. De nombreuses personnes l’ont approché pour des guérisons ou des exorcismes, et leurs paroles exactes lors de leur demande n’ont pas été apprises par cœur. Par conséquent, nous supposons que les évangélistes ont reconstitué ce que ces personnes ont dit, en se basant sur ce qu’une personne souffrant d’un problème spécifique dirait raisonnablement à Jésus.
De longs discours uniques ?
Les longs discours que Jésus n’a tenus qu’une seule fois seraient également plus difficiles à mémoriser. Ici, nous nous attendons à davantage de paraphrases. Par exemple, Jésus prononce de longs discours dans l’Évangile de Jean. L’un d’eux couvre pas moins de cinq chapitres (Jean 13-17) et n’a apparemment été prononcé qu’une seule fois, le Jeudi Saint.
Bien que Jean ait été un témoin oculaire et qu’il ait reçu une aide surnaturelle pour se souvenir des paroles de Jésus (cf. Jean 14, 26), le public antique n’aurait pas attendu de Jean qu’il produise une transcription mot à mot d’un long discours entendu une seule fois. Ils s’attendaient plutôt à ce que l’Esprit Saint aide Jean à se souvenir de l’essentiel, après quoi Jean appliquerait la reconstruction et la paraphrase habituelles dans la littérature antique.
Les quatre évangélistes ont donc ressenti le besoin de préserver fidèlement le contenu des paroles de Jésus, mais pas toujours la formulation exacte — comme le montrent les variations de vocabulaire lorsque l’on compare les différents Evangiles.
Le malentendu moderne : Les guillemets
Un point crucial pour le lecteur moderne est que les manuscrits originaux grecs et hébreux ne connaissaient pas les guillemets. Ceux-ci n’ont été ajoutés que bien plus tard par les commissions de traduction.
Dans notre langue moderne, les guillemets suggèrent une citation littérale, verbatim. Dans l’Antiquité, cette distinction stricte entre discours direct et indirect était moins tranchée. Là où nous lisons aujourd’hui : Jésus dit : « Je suis le Chemin », le lecteur doit comprendre qu’il s’agit de la reproduction fidèle du fond de ses paroles, sans que cela n’implique nécessairement un enregistrement audio. Les évangélistes voulaient transmettre la vérité du message, et pas seulement la sonorité des mots.
Lorsque la Bible dit : Alors Jésus dit au centurion : « Va, qu’il t’advienne selon ta foi », cela peut en fait signifier : Alors Jésus dit au centurion de s’en aller et que, comme il avait cru, cela s’accomplirait pour lui. Les guillemets dans la Bible garantissent donc l’exactitude de l’essence, pas nécessairement celle des mots littéraux exacts.
Dei Verbum
Que pouvons-nous en conclure ? Le Concile Vatican II a enseigné ce qui suit :
« Puisque tout ce que les auteurs inspirés ou écrivains sacrés affirment doit être tenu pour affirmé par le Saint-Esprit, il s’ensuit que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée dans les Lettres sacrées pour notre salut » (Dei Verbum n° 11).
En d’autres termes : tout ce que les auteurs bibliques ont voulu affirmer est également affirmé par l’Esprit Saint et est donc vrai. Les auteurs voulaient fixer la substance des actes et de l’enseignement de Jésus. Ils n’avaient pas l’intention de garantir toujours les mots exacts, car ce n’était pas la norme dans la littérature antique. Ils voulaient cependant transmettre le cœur — l’essence — de ce qu’il a dit et fait. L’Esprit Saint a veillé à ce que cette essence soit consignée de manière « ferme, fidèle et sans erreur ».
P. Jean
[1] Catholic.com, Jimmy Akin, Reconstructed Dialogue in the Bible, https://www.catholic.com/audio/tjap/reconstructed-dialogue-in-the-bible, consulté le 2 mars 2026.
3. L’Église et le Monde
« Sauvez-vous de cette génération perverse », dit saint Pierre dans son sermon de la Pentecôte (Actes 2, 40). Les révélations concernant le pédophile condamné Jeffrey Epstein et les orgies sur ses îles privées avec l’élite mondiale ne rendent pas cet appel moins urgent. Le célèbre analyste politique russe Alexandre Douguine estime que l’ampleur réelle de ce qui est révélé aujourd’hui est bien plus grande que ce que l’élite occidentale veut bien admettre. Selon lui, il s’agit d’une civilisation diabolique qui domine tout l’Occident :
« …des sectes sataniques cannibales qui mangent des enfants, font le trafic de femmes, fomentent des provocations dans le monde entier, manipulent les marchés financiers et les processus politiques, et organisent des messes noires et des orgies mondiales ». «Toute l’élite politique, économique, scientifique (notez-le), éducative, financière, culturelle, médiatique, idéologique, journalistique et sportive occidentale est impliquée… Les Rothschild sont impliqués, les présidents américains sont impliqués, les secrétaires d’État actuels et anciens sont impliqués, toute l’élite financière, scientifique et politique des deux partis – républicains et démocrates confondus. »
Nous pensions que le satanisme était un phénomène marginal, propre aux esprits dérangés, « …mais il s’avère être l’église établie de l’élite politique occidentale ». Il était clair que quiconque n’appartenait pas au cercle restreint d’Epstein n’était pas un véritable membre de l’élite mondiale. Il s’avère qu’il n’y a qu’une poignée de politiciens qui n’étaient pas impliqués dans le réseau d’Epstein.
« Nous pensions qu’ils nous trompaient tout en poursuivant leurs propres intérêts. Maintenant, il s’avère que nous avons affaire depuis très longtemps à une civilisation satanique très grave et monstrueuse, celle de l’Antéchrist, dirigée par des cannibales ». Nous nous méfiions des mondialistes et de l’« État profond ».
À présent, nous nous demandons : qui a veillé à ce que les dossiers Epstein soient rendus publics ? Existe-t-il un « État encore plus profond » qui voit là l’occasion d’éliminer certaines personnes, et combien de niveaux comporte-t-il ?
« Derrière le laïcisme, le rationalisme, le matérialisme et l’athéisme se cachaient des sectes encore plus effrayantes et obscures, qui ont désormais complètement perdu le sens des réalités : les adorateurs de Baal. Nous passons progressivement des théories du complot à la théologie… »
Les théories du complot se sont avérées exactes et ont révélé un monde obscur de chefs criminels. Aujourd’hui, la situation s’avère encore pire. « La fin du bal vampirique approche » « L’Occident est un noyau empoisonné dont nous devons nous extirper ». Nous devons agir radicalement maintenant et montrer que nous n’avons rien à faire avec ce monde ». :
https://www.frontnieuws.com/alexander-dugin-epstein-en-de-ontmaskering-van-de-satanische-elite/
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Un pays aux racines chrétiennes qui se consacre au Roi du Christ est protégé du mal. Telle est la thèse de Philippe Pellet, dans son ouvrage Royauté social du Christ et laïcité. Relire Quas Primas cent ans après, Éditions Saint-Léger, 2026. Il relit l’encyclique de Pie X, Quas primas (1925), qui institua la fête du Christ Roi le dernier dimanche de l’année liturgique (dans la liturgie latine). Or, depuis lors, la sécularisation et le bouleversement moral ont profondément transformé la société. L’auteur analyse les fondements bibliques et catéchétiques de la royauté sociale du Christ et propose une nouvelle actualisation. Il écrit, bien sûr, depuis l’État laïc français, qui a rompu avec Dieu depuis 1789. La Révolution française, cependant, a semé la désolation à travers l’Europe. Tous les pays de l’ancienne civilisation occidentale « chrétienne » gagneraient à redonner à la royauté du Christ une place de choix dans la vie sociale, aujourd’hui plus que jamais. https://lesalonbeige.fr/royaute-sociale-du-christ-et-laicite-un-livre-pour-rendre-la-grandeur-de-la-foi-et-de-la-france/
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Le triomphe du vrai catholicisme sur le paganisme et les diverses formes de néo-paganisme. La revue trimestrielle française de formation catholique « Le Sel de la Terre », numéro 134, décembre 2025, entend lever le voile sur les fausses contre-révolutions qui se font passer pour un retour à la « tradition nordique » culturelle du paganisme, du panthéisme, du gnosticisme, du sophisme, du New Age… Il s’agit de mouvements radicalement antichrétiens, souvent dans l’esprit du Fr. Nietzsche, fondés sur le fantasme et un monde onirique.
“On ne bâtira pas la cité autrement que Dieu l’a bâtie ; on n’édifiera pas la société, si l’Église n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique. Il ne s’agit que de l’instaurer et la restaurer sans cesse sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l’utopie malsaine, de la révolte et de l’impiété : omnia instaurare in Christo”
https://lesalonbeige.fr/la-Ttriomphe-du-catholicisme-sur-le-paganisme-le-sel-de-la-terre-n-134/
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Le Comité interreligieux libanais lance un appel urgent à l’aide ! L’armée israélienne a ordonné l’évacuation immédiate de plusieurs quartiers de Beyrouth, y compris des quartiers historiquement chrétiens et des zones civiles sans importance militaire. Un million de personnes sont ainsi contraintes de fuir dans la panique, sans aucune protection. Cette décision viole le droit international. La communauté internationale doit y mettre un terme immédiatement.
4. Nouvelles de la communauté
Le deuxième dimanche de Carême, notre Église gréco-melchite célèbre saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (né en 1359). Saint hésychaste, il affirmait que la contemplation de la lumière divine lors de la Transfiguration de Jésus sur le mont Thabor est possible ici-bas. Ce dimanche est également celui de la vénération des reliques. Durant le Grand Carême, la prière liturgique est plus intense. Avec la prière personnelle et silencieuse, elle occupe environ 5 à 6 heures par jour. La prière est aujourd’hui le meilleur rempart et l’arme la plus puissante pour chaque chrétien, à une époque où des guerres insensées embrasent non seulement le Moyen-Orient, mais presque le monde entier.
Le Carême comprend également deux « jours de désert », jours de silence où chacun accomplit ses tâches et ses prières en silence, sans se rassembler : le lundi et le vendredi. Le vendredi soir, pendant le Carême, l’hymne « akathis » en l’honneur de la Vierge Marie est chanté ensemble. La prière du vendredi soir est également récitée avec beaucoup de ferveur dans les paroisses.
5. Quelques photos
Plantation d’abricotiers
Des dons humanitaires finalement organisés
Pause thé sur le toit de la chapelle Saint-Joseph
Fêter ses 18 ans, ça se fête !
Chant d’Akathist vendredi soir dans la paroisse de Mamura












