21.15
10 Avril 2026
1. Méditation
La Résurrection de Jésus : un fait historique.
Le Mystère pascal comprend deux parties : la mort et la résurrection de Jésus. La crucifixion de Jésus-Christ est l’un des événements les plus solidement établis historiquement. Elle est non seulement unanimement confirmée par les Évangiles, mais aussi par les plus grands historiens de l’époque (ce sujet a déjà été longuement abordé ces dernières semaines dans notre section « Apologie »).
Accepter la mort de Jésus sur la croix ne requiert pas la foi. La foi est cependant nécessaire pour en saisir toute la signification. L’offre d’amour et de bonheur que Dieu nous proposait a été orgueilleusement rejetée par le premier couple humain. Ils aspiraient à être Dieu eux-mêmes. Jésus a porté la culpabilité de ce rejet brutal et l’a expiée par son incarnation, sa souffrance et sa mort sur la croix. Ainsi, il nous a libérés de nos péchés.
Il en va de même pour la résurrection de Jésus. C’est un fait historiquement établi qui ne requiert pas la foi, comme nous le démontrerons plus loin. Cependant, la foi est nécessaire pour en saisir toute la signification. La résurrection de Jésus est l’accomplissement de son incarnation, la réalisation de toutes les promesses et la preuve de sa divinité. Par sa résurrection, nous sommes justifiés et réintégrés dans la grâce de Dieu. Nous sommes de nouveau enfants de Dieu, appelés à vivre comme tels, morts au péché d’Adam pour vivre avec le Christ. C’est la source de notre future résurrection et de notre vie avec le Christ.
Nous souhaitons maintenant démontrer que la seule conclusion responsable, au vu des faits, est d’accepter la résurrection de Jésus comme un événement historique. De toutes les objections, aucune ne subsiste. Personne n’a été témoin oculaire de la résurrection de Jésus. Aucun être humain n’a vu Jésus ressusciter. Son corps n’a-t-il pas été dérobé dans sa tombe par les apôtres, ses amis ou ses ennemis pour se moquer de la proclamation de la résurrection ? Les apparitions du Seigneur ressuscité n’étaient-elles pas une hallucination collective ? Les gens admiraient-ils Jésus et le désiraient-ils tellement qu’ils ont fini par croire l’avoir vu ? Les apôtres n’ont-ils pas été si désillusionnés après sa mort qu’ils ont comploté, affirmant qu’il était ressuscité et qu’ils l’avaient vu ? …
Le fait que personne n’ait vu la résurrection de Jésus de ses propres yeux ne prouve pas qu’elle n’ait pas eu lieu. Personne n’a vu la création. La résurrection et la création dépassent notre entendement. Et il serait insensé de dire : « Je ne veux pas me prélasser au soleil tant que je ne peux pas prouver comment la création a eu lieu ». L’affirmation selon laquelle le tombeau était vide parce que le corps de Jésus avait été volé ne résiste pas à la lumière des événements ultérieurs. Les apôtres et les disciples auraient-ils donné leur vie pour un mensonge qu’ils avaient eux-mêmes inventé ? Et si les Juifs avaient emporté le corps de Jésus pour se moquer de la résurrection, la prédication des apôtres aurait été totalement vaine.
Paul livre un témoignage important :
« Tout d’abord, je vous ai transmis la tradition que j’ai moi-même reçue : Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures ; il est apparu à Céphas, puis aux douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants ; et quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Enfin, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né prématurément » (1 Corinthiens 15, 3-8).
Quelques années après la mort de Jésus, Celui-ci apparaît à Paul (34-36 ?), qui, de persécuteur des chrétiens, se transforme en fervent proclamateur de la mort et de la résurrection de Jésus. De Pierre et des apôtres, il reçoit le précieux témoignage mentionné plus haut, qui concorde parfaitement avec les différents récits des Évangiles. Ancien pharisien rigoureux, Paul omet le témoignage des apparitions du Seigneur ressuscité aux femmes. Dans la tradition juive de l’époque, le témoignage des femmes n’avait aucune crédibilité.
Et si le Seigneur ressuscité n’était pas apparu à de nombreuses personnes encore vivantes aujourd’hui, comme l’écrit Paul, sa prédication n’aurait pu façonner l’Église primitive de cette manière. Le fondement même de son témoignage aurait été anéanti.
Encore un détail frappant. Le philosophe grec Celse, auteur de « La Parole véritable » (170-180 après. J.-C.), est le plus farouche opposant au christianisme primitif et souhaite restaurer le paganisme. Étonnamment, il ne nie ni la résurrection de Jésus ni ses miracles. Il s’en moque et prétend que ce ne sont que des tours de magie que Jésus aurait appris étant enfant en Égypte ! Pourquoi n’a-t-il pas nié tout cela avec autant de véhémence, comme le font certains commentateurs aujourd’hui ? Parce qu’il restait encore trop de proches de personnes ayant vu le Seigneur ressuscité !
La première grande preuve de l’authenticité de la résurrection de Jésus est le revirement radical des apôtres. Jésus a tenté à plusieurs reprises de leur faire comprendre qu’il devait mourir et ressusciter, comme l’affirment les Écritures. Cela leur était insupportable. Ils entendaient ce qu’ils voulaient entendre et le rejetaient catégoriquement. Ils aspiraient à ce que Jésus devienne le puissant chef et sauveur d’Israël, auréolé de la gloire terrestre qu’il méritait, tel qu’ils l’imaginaient.
On peut dire que les apôtres étaient incapables de croire en sa mort sur la croix et en sa résurrection du vivant de Jésus. Ils ne pouvaient même pas croire au témoignage des femmes qui avaient rencontré le Seigneur ressuscité. Comment ces apôtres ont-ils pu inventer un complot à propos d’un événement auquel ils ne croyaient pas eux-mêmes ? Et comment, de surcroît, des personnes craintives ont-elles pu braver les plus grands dangers et accepter d’y laisser leur vie dans d’atroces tortures ?
La seconde preuve convaincante est la diffusion miraculeuse et mondiale de la croyance en la résurrection de Jésus. Quelques décennies après sa mort, la croyance en sa mort et sa résurrection s’était déjà répandue à travers le monde. Partout, le témoignage résonnait : Jésus est vraiment ressuscité ! S’agissait-il d’un coup de pub orchestré par quelques pêcheurs illettrés et pauvres de Galilée, qui ne croyaient pas à la résurrection ?
La seule explication plausible est que tout s’est déroulé comme Jésus l’avait annoncé :Il est mort sur la croix et est ressuscité le troisième jour. Il a donné à ses disciples le Saint-Esprit, qui leur a permis de discerner et de trouver la force de Le suivre.
Par notre foi et notre baptême, nous sommes nous aussi déjà morts et ressuscités avec le Christ. Nous sommes appelés à participer à sa glorieuse résurrection après cette vie terrestre. N’oublions pas à cet égard qu’il n’y a pas de résurrection sans souffrance et sans mort. Et inversement, toute souffrance et toute mort portent en elles la semence de notre résurrection.
La résurrection ultime de notre corps aura lieu au dernier jour. En attendant, la résurrection de notre cœur peut se produire chaque jour.
P. Daniel
2. Église et monde
Dans une vidéo de 48 minutes (en français), le jeune Matthieu Lavagne explique avec clarté et conviction que la résurrection de Jésus est un fait historique irréfutable. Nul besoin de foi pour accepter que Jésus soit mort sur la Croix, qu’il soit véritablement ressuscité et qu’il soit apparu à de nombreuses personnes comme le Seigneur ressuscité. La foi est en revanche nécessaire pour comprendre la portée de ces événements historiques : Jésus est mort et ressuscité pour nous libérer du péché et nous permettre d’accéder à nouveau à la vie éternelle et bienheureuse auprès de Dieu. C’est pourquoi Dieu a créé l’homme « à son image et à sa ressemblance », comme nous l’enseigne le livre de la Genèse : https://lesalonbeige.fr/et-si-la-resurrection-de-jesus-netait-pas-seulement-une-croyance-mais-un-fait-historique/
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La foi orthodoxe est en forte progression au sein de la population russe, d’après une enquête panrusse réalisée l’été dernier (VTsIOM) 83 % des Russes se déclarent désormais orthodoxes, soit une augmentation de 7 % en quatre ans. Alors que la foi s’est affaiblie en Occident depuis le début de la pandémie de coronavirus, les églises en Russie sont restées ouvertes et les offices liturgiques ont continué d’être célébrés sans interruption. « Tandis que le Vatican suspendait les offices de Pâques, les chrétiens orthodoxes de Russie continuaient d’embrasser leurs icônes. Les musulmans désinfectaient leurs tapis et les juifs pratiquaient la distanciation sociale » : 23 mars 2026 Yves Daoudal2 commentaires .
Cette information est confirmée par l’archevêque Andreï Sommer, responsable de l’Église orthodoxe russe hors frontières (ROCOR). Nombreux sont les jeunes qui souffrent du vide existentiel de la société libérale et laïque actuelle et recherchent un guide spirituel : https://sputnikglobe.com/20260404/russian-priest-from-us-explains-growing-interest-of-young-people-in-orthodoxy-1123941001.html
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Même en Flandre, où la jeunesse est très matérialiste et sécularisée, on observe des signes de renouveau de la foi chrétienne. Voici quatre influenceurs qui témoignent sur les réseaux sociaux : ayant « arrêté de fumer, de boire et d’avoir des relations sexuelles », ils ont trouvé le sens profond de leur vie en Dieu et en Christ grâce à la lecture des Saintes Écritures et souhaitent en témoigner librement et joyeusement : https://www.vrt.be/vrtnws/nl/2026/04/03/opkomst-godfluencers-jongeren-op-sociale-media-over-geloof/
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Un combat important pour l’Europe. Aucun gouvernement ni dirigeant terrestre n’est parfaitement bon. Cependant, le gouvernement hongrois actuel a déployé des efforts considérables pour chérir l’héritage chrétien et humain comme le fondement le plus précieux de la société : le respect de toute vie humaine de la naissance à la mort naturelle, le respect du mariage comme lien indissoluble entre un homme et une femme, le choix sans équivoque de la paix, la nécessité de mettre fin aux guerres par la concertation et non par la violence… L’attitude patriotique de la Hongrie suscite l’envie chez d’autres pays européens. Ce faisant, la Hongrie a courageusement défié la politique mondialiste et « wokiste » dominante à Bruxelles.
Dimanche prochain, des élections législatives auront lieu en Hongrie, et les dirigeants européens ainsi que Kiev mettent tout en œuvre pour installer un candidat d’opposition favorable aux (dé)valeurs européennes actuelles. Prions pour que le combat pour le bien triomphe, pour le bien de la Hongrie et de l’Europe : https://lesalonbeige.fr/elections-legislatives-en-hongrie-un-moment-de-bascule-europeen/; https://lesalonbeige.fr/la-hongrie-a-lheure-de-la-decision/
3. Nouvelles de la communauté
Le dimanche des Rameaux, nous avons fait une procession et j’ai monté un âne.
Nous avons célébré la Semaine Sainte du mieux possible selon la riche et ample liturgie orientale en y joignant deux célébrations de la liturgie occidentale : l’Eucharistie du jeudi soir avec le lavement des pieds, et l’Eucharistie du dimanche de Pâques.
Mercredi, il a fallu remplacer le curé de Qara, si bien que nous avons célébré deux fois le long office de la consécration de l’huile. En outre, nous avons ensuite rendu visite à plusieurs malades à Qara, prié pour eux et leur administré l’onction des malades. Certains ont autrefois joui d’une existence assez aisée et vivent maintenant vraiment pauvres, dans un logement très simple.
Vendredi, nous avons passé la plus grande partie de la journée en prière. Les « matines », célébrées le jeudi soir, contiennent les 12 lectures évangéliques du récit de la Passion, dont trois couvrent plusieurs pages. Viennent ensuite les « heures royales » (ainsi nommées parce qu’à l’époque l’empereur à Constantinople y assistait), les vêpres et la longue et impressionnante mise au tombeau. La plupart jeûnent ce jour-là et ne prennent quelque nourriture qu’après l’office, tard dans la soirée.
Dans les « matines » du Samedi saint, qui sont célébrées le vendredi soir, on chante sur une mélodie spéciale les 175 versets du psaume 118, et entre chaque verset des méditations sur les myrophores (les femmes qui viennent embaumer le corps du Christ). Cet office des « myrophores » est si long qu’il est interrompu deux fois sur place par une tasse de thé.
Le samedi matin, c’est une veillée libre auprès du tombeau de Jésus et auprès d’une copie du linceul de Turin. Le Samedi saint, il y a deux célébrations eucharistiques byzantines (l’une vers midi et une seconde – la véritable célébration pascale – vers 23h).
Dans la première, on commémore la descente de Jésus chez les morts – c’est là que sa Résurrection est annoncée pour la première fois, donc pas encore sur terre. S’y rattache une ancienne coutume de Chypre : avant l’Évangile, tous frappent sur toutes sortes de casseroles et de poêles, qui représentent la brisure des portes du séjour des morts.
La véritable célébration pascale commémore la résurrection elle-même sur terre, précédée du hasjmeh (= l’attaque en arabe), l’assaut contre l’enfer durant les matines – un rituel où le prêtre, qui représente le Christ, frappe avec la croix sur la porte de l’église. L’intérieur de l’église figure l’enfer et quelqu’un joue le diable. Le prêtre frappe avec la Croix sur la porte et cite le psaume 24 :
« Levez vos têtes, portes, élevez-vous, portes éternelles, afin que le Roi de gloire entre. » De l’intérieur, la voix du Diable répond : « Qui est ce Roi de gloire ? » Sur quoi le prêtre répond : « Le Seigneur, fort et puissant, le Seigneur, puissant dans le combat. » Alors les portes sont enfoncées – symbole de la victoire du Christ sur la mort.
Cette tradition provient d’écrits anciens comme l’Évangile de Nicodème (2e siècle après Jésus-Christ). On y décrit l’Hadès (la personnification de l’enfer) qui panique et se dispute avec Satan lorsque le Christ, en tant que mort, entre dans le séjour des morts. Le rite du Hasjmé donne vie à ce texte. La liturgie devient une « proclamation de combat » dramatique contre le royaume des ténèbres. C’est une célébration de l’acte ultime que Dieu a accompli contre le diable : utiliser la mort pour anéantir la mort.

Pendant les vêpres pascales du dimanche de Pâques, on commémore l’apparition de Jésus aux Apôtres (Jean 20, 19-25) et leur mission d’envoie : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Cet Évangile est lu dans le plus grand nombre de langues possible pour montrer que leur mission s’étendra aux quatre coins du monde . Cette année, nous avons lu l’Evangile en 18 langues (dont le persan, le maltais, le mapuche, le breton comme langues les plus remarquables) !
Mardi, la situation dans le monde menaçait de glisser vers une Apocalypse dramatique. Le soir, nous avons organisé avec la communauté une adoration devant le Très Saint Sacrement exposé jusqu’à minuit – certains sont restés jusqu’au plus profond de la nuit. Nous étions heureux d’apprendre le lendemain matin qu’un cessez-le-feu temporaire avait été conclu entre Israël/États-Unis et l’Iran.
4. Quelques photos
Images de la célébration du dimanche des Rameaux, du jeudi saint, du vendredi saint, du samedi saint. Arc-en-ciel naissant sous des nuages sombres le lundi de la semaine de Pâques, adoration nocturne dans la crypte le mardi. Avec Mère Agnès, nous avons également commencé une lecture captivante de l’Apocalypse – voici les quatre cavaliers de l’Apocalypse 6, une gravure d’A. Dürer.












