21.26
Vendredi 26 Juin 2026
1. Méditation
Le Cœur de la Foi Chrétienne (3)
Dans les deux contributions précédentes, nous avons médité sur la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie. Nous souhaitons maintenant démontrer que l’Eucharistie est en réalité l’essence même de la vie chrétienne, qu’elle embrasse toute l’histoire.
L’Eucharistie embrasse toute l’histoire
Lorsque nous considérons l’histoire à la lumière de la foi chrétienne, nous pouvons véritablement affirmer que l’Eucharistie est le centre et le cœur de toute l’histoire, de la création du monde au retour du Christ. L’Ancien Testament tout entier constitue une grande préparation à l’Eucharistie, avec de nombreuses références explicites. L’Incarnation de Jésus a accompli l’événement historique de l’Eucharistie, et, au temps de l’Église, l’Eucharistie est célébrée sacramentellement jusqu’à son retour.
L’Ancien Testament prépare la venue et l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ. Le mystérieux roi-prêtre Melchisédek (= Roi de Justice) offre à Abraham le pain et le vin (cf. Genèse 14). Cela préfigure Jésus qui, dans l’Eucharistie, transformera toute la création, exprimée par le pain et le vin. Le pain et le vin sont des dons de la création et du travail de nos mains. La manne que Dieu donna au peuple juif lors de sa traversée du désert (cf. Exode 16) n’est qu’une image du vrai pain venu du ciel, comme Jésus l’explique (Jean 6).
La célébration de la Pâque et l’Exode du peuple juif hors d’Égypte (Exode 12) préfigurent l’Eucharistie comme libération et rédemption définitives. C’est aussi l’événement majeur de l’histoire du peuple juif. Les noces de l’Agneau (cf. Apocalypse 19) constituent la libération ultime, l’union bénie du Christ avec son peuple.
Réalisation historique
Jésus a racheté l’humanité et le monde en assumant la condition humaine, en acceptant la souffrance et la mort sur la croix pour nos péchés, dans la liberté et l’amour, et en ressuscitant. Les Évangiles décrivent à plusieurs reprises la vie terrestre de Jésus comme une « montée vers Jérusalem ». Les apôtres attendaient encore de Jésus qu’il restaure Israël comme un royaume terrestre glorieux et souverain. Ils se demandaient qui en serait le plus grand. Pendant ce temps, Jésus s’efforçait, avec une grande patience, de leur faire comprendre qu’il apporterait la rédemption définitive non seulement à Israël, mais à tout être humain qui croit en Lui. Il était entièrement concentré sur l’accomplissement de son sacrifice ultime par sa mort sur la croix, après quoi II ressusciterait. Lors de la Cène, Jésus offre à ses apôtres le souvenir et la célébration sacramentelle de son sacrifice, qu’il subira immédiatement après dans la liberté et l’amour. Il leur demande de continuer à célébrer son sacrifice en son nom jusqu’à son retour.
Célébration sacramentelle
Au temps de l’Église, les prêtres célèbrent la mort et la résurrection de Jésus sous l’apparence du pain et du vin. Jésus a ainsi institué le mystère de notre rédemption et a confié à son Église la mission de le célébrer pour les siècles des siècles. Ce mystère renferme notre rédemption définitive et ultime, qu’il accomplira glorieusement à la fin des temps.
Après le repas, Jésus prit la coupe de vin. Nous reconnaissons en elle la « coupe d’Élie », qui, dans la tradition juive, exprimait l’espérance de la rédemption. Cette coupe est encore remplie aujourd’hui lors du repas de la Pâque juive, mais elle n’est pas bue. Elle demeure le symbole de l’attente du retour d’Élie et de l’accomplissement final. En prenant cette coupe, Jésus exprime qu’Il est l’accomplissement de l’espérance de la rédemption.
La liturgie orientale souligne que l’Esprit a glorifié le Corps du Christ pour l’éternité. C’est pourquoi, après la communion, les Orientaux chantent : « Nous avons vu la lumière véritable et nous avons reçu l’Esprit céleste et avons trouvé la foi véritable: Prosternons-nous donc devant la Trinité indivisible car elle nous a sauvés”
L’attente
Dans l’Eucharistie, Jésus nous offre sa rédemption, qui ne peut nous être donnée nulle part ailleurs ni par personne d’autre. Nous attendons cependant son accomplissement glorieux lors du Second Avènement du Seigneur ressuscité à la fin des temps.
La Pâque du peuple juif en Égypte fut un événement précipité. Ils mangeaient debout, les reins ceints, prêts à quitter l’esclavage pour rencontrer la liberté. Dans l’Eucharistie, cette « hâte » est spiritualisée et approfondie. Nous demeurons pèlerins sur terre, « étrangers et exilés » (1 Pierre 2, 11). Notre libération définitive consistera en notre union avec le Christ dans le bonheur éternel du Dieu trinitaire. Pour cela, il est nécessaire que nous soyons transformés avec Lui par la souffrance et la mort à son image.
Les premiers chrétiens appelaient leur communauté de foi une paroisse, du grec par-oikos (qui signifie « pas encore chez soi »). Ils se considéraient ici-bas comme des étrangers et des pèlerins en route vers leur demeure éternelle auprès de Dieu. « Mes amis, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été révélé ; mais nous savons que, lorsqu’il sera révélé, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jean 3, 2).
« Veillez donc… » (Matthieu 24, 42).
Être chrétien, c’est vivre de telle sorte que l’on soit prêt à chaque instant à accueillir le Seigneur Jésus lors de son glorieux retour. C’est vivre dans la vigilance et une joyeuse attente. Jésus a donné sa vie pour nous, par amour et en toute liberté. C’est l’Eucharistie. C’est le cœur de la mission de chaque chrétien et de chaque être humain.
Nous ne vivons pas pour nous-mêmes et pour notre propre gloire ; nous vivons pour Dieu et pour les autres. L’homme et la femme qui se donnent entièrement l’un à l’autre et qui, à l’exemple de Jésus, se consacrent l’un à l’autre et à leurs enfants, vivent l’Eucharistie jour après jour.
Quiconque se donne dans sa vocation, avec amour et liberté, pour la gloire de Dieu et le salut des autres, devient Eucharistie dans sa vie. Cela s’applique à toute personne, à toute profession, à toute activité. En ce sens, nous pouvons dire : l’Eucharistie embrasse toute notre vie, l’Eucharistie est tout (Conclusion la semaine prochaine).
Père Daniel
2. L’Eglise et le monde
Euthanasie - Les vraies questions
Alors que la France est sur le point d’adopter une législation de grande envergure en faveur de l’euthanasie, le nouveau documentaire « Anesthésie » de Damien Boyer sort en salles. Ce film mérite toute notre attention et peut influencer profondément et positivement les opinions de nombreuses personnes. Damien Boyer y donne la parole à ceux qui sont exclus du débat public, à savoir ceux dont la vie est en jeu. Il a interviewé des malades, des personnes handicapées et des familles en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, au Québec et en Écosse, confrontés aux conséquences de cette législation sur l’euthanasie.
Leurs témoignages nous confrontent aux questions essentielles : quelle société voulons-nous face à la fragilité, la dépendance, la souffrance et la maladie ? Quelle société devenons-nous lorsque la souffrance est perçue comme un fardeau ? Que signifie accompagner une personne jusqu’à la fin ? Dans ce contexte, la richesse humaine des soins palliatifs et d’un soutien authentique transparaît. Mettons fin à la propagande d’une euthanasie indigne et soutenons ces témoignages par tous les moyens possibles. Toutes les informations :
https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000047054.html. https://lesalonbeige.fr/anesthesia-un-film-documentaire-exceptionnel-sur-la-fin-de-vie/
Les évêques français ont invité les fidèles à la prière lors d’une neuvaine du 21 au 29 juin, veille du vote. Chacun peut encore y participer à sa manière : https://lesalonbeige.fr/fin-de-vie-neuvaine-de-priere-du-21-au-29-juin-avant-le-vote-a-lassemblee-nationale-du-30-juin/
***L’origine de l’homosexualité : un désir qui a sa propre histoire
Pendant des années, j’ai pris l’habitude de poser la question à un psychologue, un psychiatre ou un expert : existe-t-il des preuves scientifiques de l’origine génétique de l’homosexualité, de sorte qu’on puisse affirmer qu’une personne naît homosexuelle ? Je n’ai jamais reçu de réponse clairement positive. On m’a souvent dit, cependant, que l’homosexualité pouvait avoir des racines profondes, être présente dès le plus jeune âge…
Michael Gasparro
Michael Gasparro est un thérapeute américain qui a une vision très nuancée de l’origine de l’homosexualité : ce désir ne renvoie pas nécessairement à une « identité », mais peut aussi avoir sa propre histoire et provenir d’expériences affectives, relationnelles ou traumatiques. Il ne prétend pas que l’homosexualité soit une maladie, découlant d’un seul traumatisme, d’un seul type de famille ou d’une seule blessure. Certains désirs douloureux sont contraires aux convictions générales d’une personne et peuvent avoir une origine complexe : biologique, tempéramentale, environnementale, traumatismes, maturité psychologique, expériences sexuelles précoces…
Danger des expériences sexuelles précoces
Il met fortement en garde contre ces expériences précoces, qui peuvent être dévastatrices. Dans de nombreux pays, un « dogme politique » interdit d’en affronter les conséquences négatives. Il est essentiel d’examiner le vécu de cette personne et de comprendre comment certains besoins non satisfaits se sont transformés en désirs sexuels. « L’homosexualité n’est pas un simple caprice sexuel. Elle peut être une forme érotisée de recherche d’unité avec ce dont on se sent exclu ». « Un garçon qui se sent exclu du monde des hommes, humilié par les autres garçons, aliéné de sa propre sexualité, très sensible, très différent et rarement reconnu, peut être captivé par le monde dont il se sent exclu. L’autre homme devient plus qu’un autre soi. Il devient le symbole de la masculinité, de la sécurité, de la beauté ou de la force qui font défaut au garçon ».
Pas de slogans
Comment aborder cette question ? Avec ouverture, prudence et humanité. Sans étiqueter d’emblée, mais sans pour autant considérer ce désir comme absolu. Il faut aider une fille qui aspire à être un garçon à se comprendre : pourquoi souffre-t-elle ? « Il s’agit d’unir ce qui est séparé : le corps et l’âme, le désir et la mémoire, le besoin affectif et l’expression sexuelle, la blessure et la dignité ». Il faut accompagner la personne dans la construction de son unité singulière. Dans le monde occidental contemporain, une grande contradiction persiste. Faussement, la volonté d’un garçon qui souhaite être une fille doit être reconnue comme absolue, car il doit pouvoir se définir et se construire. Pourtant, l’idée que la sexualité masculine ou féminine soit une donnée immuable doit être rejetée. Parfois, nos désirs aussi ont besoin d’être apaisés :
***Ce qu’on appelle « l’orientation sexuelle » ne définit pas nécessairement notre identité ! C’est le témoignage poignant d’Elizabeth Woning dans l’émission « The Becket Cook Show ». Becket Cook était homosexuel et partisan du mariage pour tous jusqu’à sa conversion. Il a découvert le christianisme et a commencé à animer des émissions protestantes conservatrices sur la foi, la culture, la sexualité et l’identité. C’est ainsi qu’il a reçu Elizabeth Woning, qui témoigne de son cheminement vers le christianisme en tant qu’ancienne féministe et lesbienne. Elle a osé remettre en question l’orientation sexuelle et l’identité LGBT, souvent considérées comme taboues.
Une inclination ne définit pas encore une identité.
Par son mode de vie, elle est devenue elle-même un témoignage et affirme « qu’une personne ne doit pas se laisser enfermer dans l’identité que le monde lui assigne ». Elle nous rappelle qu’une inclination, une histoire personnelle, une blessure, une disposition militante ou une étiquette culturelle ne suffisent pas à définir la nature d’une âme. Elle s’est épanouie au sein de l’Église Bethel, une église évangélique-charismatique américaine. Un catholique peut parfois s’interroger à ce sujet, mais il serait erroné de rejeter d’emblée ce qui émane de cette église chrétienne.
Conversion
Ce qui dérange le plus le monde actuel, c’est qu’il parle de conversion. « En christianisme, rien n’est aussi essentiel que la conversion. Ce n’est ni le passé, ni le péché, ni la blessure, ni le regard des autres, ni même l’image que nous nous sommes forgés de nous-mêmes. L’homme moderne veut parfois être reconnu exactement tel qu’il se définit. Le Christ, Lui, appelle chaque personne par son nom, non pour qu’elle demeure immobile telle qu’elle est, mais pour la conduire à la vérité de son être. » : https://lesalonbeige.fr/elizabeth-woning-sur-the-becket-cook-show-quand-le-christ-libere-aussi-de-lidentite-imposee-par-le-desir/.
Beaucoup d’autorité ecclésiastique cessent d’écouter les enseignements clairs de Jésus, des Apôtres, de l’Évangile et de la doctrine ferme de l’Église mais ils s’efforcent désormais de défendre les dogmes des lobbies LGBT. Peut-être pouvons-nous leur rappeler ces solides principes psychologiques.
3. Quelques photos
Le nouveau bâtiment est prêt à devenir un magnifique centre de retraite et un hôtel populaire : entrée et cuisine
L’évêque nous rend visite juste avant la célébration de l’Eucharistie dominicale. Nous sommes heureux de l’accueillir dans la crypte.
Jeu d’échecs pour petits et grands
Un anniversaire
Nous continuons à préparer une délicieuse boisson rafraîchissante à base de « roses de Damas ».








