21.28
Vendredi 10 Juilket 2026
1. Méditation :
Le Notre Père, une prière juive
Introduction
Pour un chrétien, le Notre Père est la plus belle et la plus importante des prières. Lorsqu’il souhaite se tourner vers Dieu, il doit toujours commencer par cette prière. Après tout, Jésus lui-même nous a donné ces mots. Il nous a immédiatement enseigné l’ordre correct de nos supplications. C’est la prière de Jésus, du chrétien et de l’Église. Elle occupe à juste titre une place centrale dans l’administration des sacrements. Selon saint Augustin, le Notre Père est le cœur de toute l’Écriture.
Le Catéchisme de l’Église catholique, qui expose de manière logique, approfondie et systématique le contenu de la foi chrétienne, la liturgie et la morale, se termine par une riche explication sur la prière et le Notre Père (n° 2759-2865).
Certains n’ont pas encore pleinement compris que Jésus, Marie, Joseph, les apôtres et les premiers chrétiens étaient des juifs pratiquants. Lors d’une conférence, j’ai un jour qualifié Marie de « Juive » (ce qui a en flamand une certaine connotation négative), ce qui a provoqué l’indignation d’une fervente catholique, qui s’est sentie insultée. J’ai réussi à apaiser quelque peu sa colère en lui rappelant que saint Joseph était un « bon catholique » !
Jésus observait la Loi de Moïse, était circoncis, récitait les psaumes et les prières juives, fréquentait la synagogue, enseignait à partir des prophètes et célébrait les fêtes juives. Démontrons donc, dans une première méditation, que le Notre Père représente le cœur de la prière juive. Deux prières expriment particulièrement cette essence : le Shema Israël et la Shemoneh Esrei, Amida, ou la Prière des Dix-huit Bénédictions.
Shema Israël : Écoute, Israël
C’est le commandement central de l’amour, exprimé dans le Deutéronome. 6, 4-9 : « Écoute, Israël, l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel seul ! Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Tu graveras dans ton cœur les commandements que je te prescris aujourd’hui. Tu en parleras à tes enfants sans cesse, quand tu seras à la maison et en voyage, quand tu t’endormiras et quand tu te lèveras. Tu les attacheras comme un signe sur ta main et comme un bandeau sur ton front. Tu les graveras sur les poteaux de ta maison et sur les portes de ta ville. »
Le Juif pieux récite le Shema Israël matin et soir, pendant les offices liturgiques, et parfois même juste avant de s’endormir. C’est un vœu pieux, au moment de mourir, de pouvoir prononcer ces paroles comme un dernier témoignage. Les deux premiers versets sont inscrits dans le petit tube qu’il s’attache par des rubans au front et au bras. On les retrouve également dans la mezouza, fixée aux montants des portes et que le Juif pieux touche respectueusement du bout des doigts avant d’entrer.
Après la première phrase vient cette bénédiction : « Béni soit son Nom, que la gloire de son Royaume subsiste à jamais ». Voilà la profession de foi fondamentale du judaïsme. L’attitude essentielle est une écoute de Dieu qui implique amour et obéissance. La venue de son Royaume et la sanctification de son Nom sont centrales. Aimer Dieu de tout son être est concret et total : c’est observer les commandements. Cela inclut aussi d’aimer son prochain comme soi-même (Lévitique 19, 18 et tout le Deutéronome). N’est-ce pas précisément ce qui est exprimé dans le Notre Père ?
La Shemone Esreh, ou Prière des Dix-huit Bénédictions
Il s’agit de la prière juive par excellence, centrale dans tous les offices, adaptée à la fête célébrée. Elle est récitée matin, midi et soir et se nomme Amida Shemone Esreh (« dix-huit debout »). Les dix-huit bénédictions sont récitées debout ; avec le « Écoute Israël », elles constituent le cœur de la prière. Le nombre dix-huit symbolise la création de toute vie (Hebr : Haï = 18 en valeur numérique). En réalité, il y a aujourd’hui 19 bénédictions, mais les 14e et 15e n’en formaient à l’origine qu’une seule.
Cette prière de bénédictions est destinée à remplacer les offrandes qui ne peuvent plus être faites au Temple, d’où l’expression « offrande de louange ». C’est un commandement de remercier et de bénir Dieu en toute occasion : aux repas, au travail, pendant les loisirs, en tout temps. Le nom de Dieu (Adonaï) doit être mentionné à chaque fois. Par exemple, ne pas remercier Dieu avant de manger est considéré comme un vol du repas.
Les trois premières bénédictions sont pour les patriarches, pour les saisons et pour la sanctification du Nom de Dieu. Les trois dernières concernent la restauration des sacrifices, l’action de grâce pour la bonté divine et une bénédiction pour la paix. Les bénédictions du milieu portent sur la sagesse et le discernement, le repentir et la demande de pardon, la libération d’Israël, la guérison des malades, les récoltes ou la pluie, une demande pour le retour de tous les Juifs en Israël, la restauration d’Israël, la lutte contre les hérétiques, la compassion pour Israël, le royaume messianique de David et l’exaucement de nos prières. Il existe également une prière spéciale pour la sanctification du jour.
La prière du Kaddish
Enfin, mentionnons ici la prière du Kaddish. Cette prière était initialement récitée lors de l’étude de la Torah à la synagogue ou à la maison d’étude. Plus tard, elle a été intégrée à la liturgie juive. Aujourd’hui, elle est principalement utilisée lors des offices funéraires. Voici le texte :
« Que Son grand Nom soit exalté et sanctifié dans le monde qu’Il a créé selon Sa volonté. Qu’Il établisse Son Royaume dans votre vie, durant vos jours, et dans la vie de toute la maison d’Israël. Prochainement. Que Son grand Nom soit loué à jamais. Béni et loué, glorifié et exalté, honoré et glorifié, exalté et loué soit le Nom du Saint, béni soit-Il, au-dessus de toutes les bénédictions et de tous les hymnes de louange, louange et consolation qui puissent être prononcés en ce monde. Et dites : Amen. Que les prières et les supplications de la maison d’Israël soient reçues par leur Père qui est aux cieux ; et dites : Amen. Que la paix abondante descende du ciel et la vie pour nous et pour tout Israël ; et dites : Amen. Que Celui qui fait la paix dans les cieux nous fasse la paix, à nous et à tout Israël, et dise : Amen ».
Conclusion
Nous pouvons associer chaque pensée et chaque demande du Notre Père à l’une de ces bénédictions juives, ce qui en fait une prière juive à part entière. Cependant, dans une méditation ultérieure, nous démontrerons qu’il s’agit avant tout d’une prière chrétienne.
P. Daniel
2. Église et Monde
Le 1er juillet 2026, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) a ordonné quatre nouveaux évêques sans mandat du pape Léon XIV
Réactions positives
Les réactions positives émanent principalement de la FSSPX elle-même, de ses soutiens et de quelques évêques. La FSSPX ne considère pas ces ordinations comme un acte schismatique, mais comme un acte nécessaire de fidélité à la véritable Tradition de l’Église. Elle invoque un « état de nécessité » : la Fraternité ne compte plus assez d’évêques (seuls deux des quatre évêques de 1988 sont encore vivants) pour continuer à administrer les sacrements à sa communauté grandissante de plus de 700 prêtres et à ses quelque 150 000 à 200 000 fidèles à travers le monde.
Mgr Athanase Schneider soutient ouvertement ces ordinations et les perçoit comme une bénédiction pour l’Église. Il affirme que la FSSPX, à l’instar de son fondateur Lefebvre en 1988, agit par amour pour le Pape et l’Église et qu’elle offrira un jour ses évêques comme un pont vers le Saint-Siège. Selon lui, la situation actuelle constitue un « Avignon spirituel » temporaire où le Magistère est obscurci et où la FSSPX préserve la lumière de la Tradition jusqu’au retour d’un pape traditionaliste.
Réactions négatives
Les contre-réactions sont nombreuses et émanent des plus hautes autorités de l’Église, y compris le Vatican lui-même, les cardinaux et de nombreux évêques locaux. Le Vatican (le pape Léon XIV et le Dicastère pour la Doctrine de la Foi) considère ces ordinations comme un acte schismatique qui déchire l’unité de l’Église. Le pape Léon XIV a lancé un appel vibrant (« Revenez ! ») et a mis en garde contre les conséquences.
Par la suite, le Vatican a déclaré que les six évêques concernés, tous prêtres de la FSSPX, et tous les laïcs qui « s’engagent formellement auprès de la FSSPX » sont automatiquement excommuniés et schismatiques. Les sacrements de confession et de mariage administrés par la FSSPX ont également été déclarés illégitimes (et non invalides !).
Les cardinaux Müller et Sarah, deux cardinaux éminents, attachés à la tradition et fervents défenseurs de la messe tridentine, ont fermement condamné la décision. Le cardinal Müller affirme que la FSSPX ne peut combattre l’Église « de l’extérieur » et doit se soumettre à l’autorité papale. Le cardinal Sarah exprime sa « profonde inquiétude et sa tristesse » et s’interroge sur le nombre d’âmes perdues à cause de cette nouvelle division. Il considère comme une trahison de la Tradition le fait de se réfugier dans des moyens humains.
De nombreux évêques, y compris aux États-Unis, ont appelé leurs fidèles à quitter la FSSPX « schismatique » et à revenir dans leurs paroisses diocésaines. Ils soulignent que la messe traditionnelle en latin est également célébrée dans d’autres lieux légaux et que la participation aux liturgies de la FSSPX constitue désormais une grave violation de l’unité. Ils invitent les prêtres et les fidèles de la FSSPX à un « chaleureux retour ».
Les réactions continuent d’affluer de part et d’autre. La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier déplore le schisme actuel au sein de l’Église, causé par l’ordination d’évêques traditionalistes, mais demande simultanément au Pape de condamner de la même manière les cardinaux, les évêques et les prêtres qui adhèrent à une doctrine morale erronée et la proclament. https://lesalonbeige.fr/la-fraternite-saint-vincent-ferrier-supplie-le-saint-pere-de-condamner-les-erreurs-et-de-desavouer-les-pretres-ou-les-eveques-qui-les-favorisent/
Mgr. Georg Gänswein, ancien secrétaire de Benoît XVI et actuel nonce apostolique dans les pays baltes, explique que le pape Benoît XVI souhaitait alors tendre la main à la FSSPX, ce que celle-ci a refusé, durcissant sa position et rejetant Vatican II avec encore plus de véhémence. Pourtant, Mgr Lefebvre lui-même a signé le document conciliaire sur la liturgie, Sacrosanctum concilium : https://lesalonbeige.fr/la-fsspx-na-pas-voulu-la-main-tendue-de-benoit-xvi-une-frange-radicale-a-prevalu/
Monseigneur Guido Pozzo, dernier secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei (2009-2018), tient des propos similaires. La déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Foi, débattue par les deux parties, a été rejetée en 2018 par le nouveau supérieur de la FSSPX, Davide Pagliarani : https://lesalonbeige.fr/une-grave-blessure-pour-leglise-qui-aurait-pu-etre-evitee-si-la-fsspx-avait-accepte-la-declaration-doctrinale-en-2018/
Une opportunité
La division actuelle au sein de l’Église est une tragédie, mais aussi une opportunité de parvenir à une unité renouvelée et purifiée. Prions et œuvrons pour cela.
***Ahmed Yetib, musulman d’origine marocaine, s’est installé à Charleroi (Belgique). En 2018, il s’est converti au catholicisme et est devenu professeur de religion. « Ma conversion a été immédiatement rejetée par toute ma famille, qui a rompu tout contact avec moi ». Sur TikTok, il continue de témoigner ouvertement de sa foi chrétienne, ce qui lui vaut un torrent d’insultes de la part de certains de ses élèves : https://lesalonbeige.fr/belgique-converti-au-catholicisme-un-ex-musulman-menace/
Il y a probablement plus de chrétiens qui ‘se convertissent’ à l’islam que l’inverse. Cependant, on peut devenir musulman en quelques instants en prononçant brièvement une formule. Devenir chrétien en étant musulman, en revanche, est un événement profond suivi d’un renouveau total de vie. Ces convertis méritent davantage de protection et d’encouragement de la part des chrétiens et des paroisses. Ils peuvent devenir une source d’une puissante évangélisation, si nécessaire à notre époque, et donner une nouvelle vitalité au christianisme occidental en particulier.
3. Nouvelles de la communauté
Cette semaine, cinquante personnes des Équipes Notre-Dame Syrie ont participé à une retraite de quatre jours dans le nouveau bâtiment. Ce mouvement laïc catholique international a été fondé en France en 1938 par le Père Henri Caffarel et a pour but d’aider les couples mariés à vivre pleinement la richesse du sacrement de mariage. En 1952, ce mouvement s’est implanté en Syrie avec des groupes à Damas, Alep, Homs et Lattaquié. Ils se réunissent toutes les deux semaines chez l’une des familles pour prier, lire la Bible, recevoir un enseignement et partager leurs expériences. Ils méritent tout notre soutien, en ce temps et ici en Syrie. Prions pour qu’ils soient bénis.
4. Quelques photos
Confiture d’abricots
Terrasse du nouveau bâtiment, aménagée pour les familles
Equipes Notre-Dame Syrie, Damas et direction.









